La démocratie participative[1]:

La démocratie participative recouvre, l’ensemble des démarches qui associent les citoyens au processus de décision politique. Force est de constater qu’il est de moins en moins accepté de ne pouvoir s’exprimer sur des décisions qui ont des conséquences sur notre vie quotidienne.

La démocratie participative tente de répondre à cette nouvelle exigence, à travers les conseils de quartier, les consultations de citoyens, les sondages délibératifs, les forums sociaux, les pétitions en ligne, les actions en justice…

Deux motivations peuvent être à l’origine de ce type démarche :

  • Le souci de répondre à un idéal démocratique dans lequel l’implication citoyenne dans la politique, au-delà du seul vote, est valorisée en elle-même car source d’épanouissement.
  • La conviction que la qualité de la décision et sa légitimation dépendent fortement de la discussion préalable, voire de la confrontation des points de vue,avec toutes les personnes concernées.

 

Les critiques ne manquent pas sur ce type de démarches.

Les questions sur lesquelles porte la participation sont jugées secondaires et il s’agit souvent d’un habillage pour entériner des choix déjà faits. De ce fait on peut observer un manque de confiance des citoyens dans les dispositifs participatifs.

Les personnes qui participent ne sont pas représentatives de la population (surreprésentation des catégories sociales les mieux intégrées et des plus âgés). Mais il n’est pas impossible, à condition qu’il y ait une vraie volonté politique de mobiliser les catégories populaires. Cela demande du temps et beaucoup de volonté politique.

Dans la pratique, on arrive bien à faire participer les citoyens à une échelle micro-locale, à l’échelle du quartier. Les décisions les plus importantes se jouant à un niveau plus élevé, l’échelon intercommunal, la métropole… la participation y est peu présente.

Cependant Loïc Blondiaux[2]donne des exemples d’expériences participatives en France assez concluantes

Le budget participatif parisien, a permis de réels changements dans le fonctionnement des services de la ville de Paris, même s’il ne représente que 5% du budget d’investissement de la ville. Le budget participatif est un outil qui peut produire des effets non négligeables, lorsqu’il fait l’objet d’une vraie volonté politique,.

 

A l’échelle locale, certaines villes ont complètement institutionnalisé la participation, c’est le cas de la commune de Saillans dans le département de la Drôme, un village de 1300 habitants. Saillans expérimente depuis les élections de 2014 un mode de gouvernance «participative et collégiale»dans le but de faire participer tous les citoyens à la politique municipale. Près d’un quart de la population adulte de la ville a participé à des groupes de travail et à des commissions participativesdans le cadre de cette municipalité.

 

Les nouvelles  technologies ( civic tech ) sont un atout important pour la démocratie participative car elles favorisent la contribution à distance de personnes qui ne se déplaceraient pas forcément dans les instances classiques de démocratie participative. Les jeunes par exemple participent beaucoup plus facilement que dans les circuits de représentation politiques classiques. Elles obligent à des principes de transparence, d’horizontalité, d’inclusion, de contribution, qui bousculent les schémas habituels de la démocratie représentative.

[1]Cet article s’appuie sur l’entretien de Loïc Blondiaux avec  Anne Châteauneuf-Malclés

[2]Professeur de sciences politiques à l’Université Paris 1 Panthéon La Sorbonne, spécialiste des théories de la démocratie participative.